Prison fromage suisse

19-10-2010

Le 15 octobre dernier, les autorités de la prison d’Isla Mujeres découvrent un trou dans le mur de la cellule de José Palacios Garza, meurtrier de Renée Wathelet et de sa propre mère, Laura Palacios. Incarcéré depuis près de 13 mois à la date de sa tentative d’évasion, il décide de creuser un trou dans le mur de sa cellule avec une fourchette. Ceci n’est pas sans rappeler l’évasion réussie de la même prison par quatre individus le 24 août 2009.

Bien que les autorités acquiescent que la prison est mal outillée pour garder un tueur multiple, elles avaient garanti que des mesures extraordinaires aient été prises pour assurer sa détention. Il devient évident à voir la taille du trou qu’il a creusé que ces mesures ne sont que des paroles. Bien que ce soit une prison d’un poste de police de campagne, les murs sont tout de même en béton.

La prison, plus sécuritaire, de Cancun accueille déjà les détenus lors des tempêtes tropicales, mais il n’y a officiellement pas de place pour un détenu du calibre de Palacios Garza sur une base plus permanente. D’après les informations en provenance de l’île, il semblerait que le personnel de la prison sortirait le prisonnier pour battre d’autres détenus quand ils ont besoin d’un peu de discipline. Aurait-il quelque chose à voir avec la mort de José Andres Avelino Villegas?

Le trou a été découvert suite au transfert des prisonniers vers Cancun à l’arrivée de la tempête tropicale/ouragan Paula. Sans cette évacuation, il serait crédible de supposer qu’à cette heure, Palacios Garza serait libre.

Est-ce l’envie de liberté ou la nécessité de tuer à nouveau qui pousse cet animal à vouloir sortir de sa cage? Les évaluations psychologiques sont unanimes sur le fait qu’il tuera encore, s’il en ressent le besoin. À quelques semaines de la haute saison touristique et dans l’interminable attente de la fin de ces procédures, il est normal de se questionner sur la sécurité réelle d’aller en vacances là-bas et sur la volonté des autorités mexicaines à servir la justice. Cet événement en plus du refus systématique de faire une réelle enquête sur les circonstances et évidences entourant le meurtre sont de bons indicateurs de cette volonté.

Pour une deuxième fois depuis le meurtre, il y a eu un changement de juge à Isla Mujeres. Le procureur assigné n’occupe plus son poste. Le directeur de la sécurité publique a changé pour une troisième fois.

Comme c’est le cas depuis le début de ce cauchemar, et dans la majorité des cas de canadiens ayant des problèmes à l’étranger, le ministère des Affaires étrangères et ses organes diplomatiques et consulaires ne font rien. Bien que le Canada ait récemment essuyé sa première défaite à l’ONU, cela ne semble pas inquiéter outre mesure en égard à la qualité des affaires étrangères.

Dans le « Ottawa Citizen » du 12 octobre dernier, un nouvel article exposant, une fois de plus, l’incapacité du gouvernement actuel à donner un soutien même minimal aux individus et familles rencontrant des difficultés à l’étranger.

Comme les seules vrais pressions proviennent des familles, il est normal que le gouvernement regarde ailleurs, ce n’est pas une problématique qui touche la population. L’indifférence générale y contribue grandement, en plus des signaux économiques telle l’affluence de touristes canadiens dans ces pays malgré tout. La démocratie traditionnelle et la néo-démocratie économique parlent d’eux même.

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