La justice à Isla Mujeres accumule les bévues

17-07-2010

Au cours des deux derniers mois, les officiels chargés de protéger les citoyens d’Isla Mujeres ont démontré grossièrement que certains sont réellement des bandits avec un badge de police : Des agents en uniforme dérobant de l’essence, un voleur volé par des agents de la paix et principalement, le meurtre d’un père de famille dans la prison de l’île.

José Andres Avelino Villegas, 42 ans, mari et père de quatre enfants et employé de la mairie, a été arrêté pour insolence et ébriété publique le 14 juin 2010. Il est amené à la prison de Isla Mujeres à 16:08. À 16:30, il aurait été retrouvé pendu dans la zone de détention préventive. Sa femme est prévenue dans l’heure qui suit.

La famille du défunt, à qui nous avons parlé, on pu voir la dépouille à la morgue. Cette dernière ne portait aucune trace au cou qui indiquerait une mort par pendaison. Par contre, la multitude de coups reçus ne demandait pas une grande connaissance médicale pour comprendre ce qui s’est passé.

Pour couronner le tout, lorsque la famille a demandé des explications, elle a eu droit à un typique scénario de justice mexicaine. En résumé, d’abord il se serait pendu avec une corde, chose peu probable dans une prison; ensuite ça aurait été avec un paréo et finalement avec son t-shirt.

Avelino Villegas n’a jamais montré de comportements ou de signes suicidaires. Il est aussi très peu probable qu’une personne arrêtée pour ébriété en fin d’après-midi se donne la mort vingt minutes après avoir été amené en prison. Notons finalement qu’à son arrivé dans la prison, les gardiens l’ont menotté aux barreaux d’une cellule.

La famille demande des réponses, mais les autorités locales préfèrent protéger des agents qui pourraient avoir battu un détenu à mort plutôt que démontrer qu’ils sont capables de respecter les citoyens, qu’ils sont sensés protéger. La version du suicide reste la version officielle. Bien que les médias prétendent que la famille reçoit un support économique et légal dans cette histoire, cette dernière ne réussit pas à avoir de réponses à ses questions. Ce qu’ils ont vécu et vivent encore ne nous est que trop familier.

Le prix du pétrole semble aussi incommoder certains corps policiers puisqu’en mai, quatre agents auraient dérobé de l’essence directement d’une citerne pour ensuite la revendre. Toutefois, seulement deux agents qui étaient en uniforme lors du crime seront inculpés et mis en prison. Les détails sont disponibles ici, ici et ici.

Le 9 juillet, un individu est arrêté pour vol. Il prétend que les agents l’ont volé d’une partie de son butin. La police judiciaire confirme que ce qu’il dit est vrai et ramène une partie de ces biens remis par lesdits agents quelques jours plus tard. Pour l’histoire complète, cliquez ici.

Bien entendu, il ne s’agit que des incidents rapportés dans les médias et les histoires qui courent sur le sujet à l’île peuvent étonner. Les bavures policières arrivent partout, toutefois la fréquence et la complicité de la hiérarchie sont notoires au Mexique. Certains facteurs, comme les faibles salaires et la non-professionnalisation de la profession, sont évoqués pour expliquer la situation. Ceci resterait un problème interne si cela ne débordait pas sur les touristes.

D’un coté, il y a les cartels, de l’autre une mafia policière et entre les deux, les criminels qui n’attendent que des touristes pour se remplir les poches ou se livrer à d’obscures activités. Quintana Roo reste la capitale mexicaine du viol et est en tête de pelotons pour les agressions, les vols et les meurtres.

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