3 ans…

17-09-2012

Il y a trois ans jours pour jours aujourd’hui, Renée Wathelet était assassinée dans son condo de Isla Mujeres. Un meurtre particulièrement brutal et sauvage…

L’affaire est maintenant frappée d’un interdit de publication de la part des autorités mexicaines. Même la famille ne peut avoir accès aux documents relatifs à l’appel de l’assassin. Le Ministère des Affaires étrangères a informé la famille quand aux décisions judicaires, mais rien ne peut être confirmé de manière officielle. Ceci bafoue également certains droits de la famille en regard au droit mexicain. Bien que le Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada (MAECI) assure que sa priorité est que la famille soit traitée comme des nationaux mexicains, quand cela n’est pas le cas, rien n’est fait.

Depuis la sentence prononcée contre l’assassin de Renée Wathelet en décembre 2010, la famille a été incapable de rejoindre qui que ce soit dans le système judicaire mexicain pour assurer un suivi. Les autorités consulaires canadiennes au Mexique se sont aussi butées à une bureaucratie frôlant la mauvaise foi lorsqu’elles ont tenté d’assurer un suivi. Elles ont tout de même réussis à avoir quelques informations, frappées d’un interdit de publication et d’instructions claires de ne pas transmettre les documents reçus à la famille.

La dernière réponse du Ministère des affaires étrangère (MAECI) aux demandes de la famille a été reçue le 14 juin 2012, pour une correspondance envoyée le 2 novembre 2011. Toutefois, publiquement, la position du MAECI est claire: « Nous continuons notre engagement dans les deux cas, demandant qu’ils soient résolus de manière rapide et transparente… » (Commentaire attribuée à John Babcock du MAECI, paru le 10 mars 2012 dans un article de la CBC concernant le cas de Mme Wathelet et celui de Mr. Dion). Il semble qu’aucun commentaire supplémentaire ne soit nécessaire. Dans d’autres cas exposés sur ce site, le Gouvernement Conservateur a démontré sa capacité à pouvoir réellement aider des citoyens canadiens.

Du coté conservateur, il y a aussi un Honorable Sénateur défendant en principe les droits des victimes. Des membres de la famille de Mme Wathelet ont eu la chance de le rencontrer à deux reprises. Suite à la deuxième rencontre exposant clairement les demandes face à Ottawa ainsi que les évidences physiques démontrant la possible implication d’une tierce personne; la famille a reçu ceci de la part de son bureau: « Nous souhaitons faire des recommandations au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international au sujet des améliorations à apporter aux Canadiens à l’étranger en ce qui concerne l’accès à l’information disponible sur le site Web actuel. »

Défendre ses convictions semble avoir ses limites, surtout lorsqu’il s’agirait de remettre en cause ceux qui nous ont mis en poste. Ceci qui n’est pas étonnant non plus de la part d’un parti qui prône dans sa plateforme électorale une discrimination des victimes de crimes en proposant des mesures spécifiques pour les parents dont les enfants sont assassinés ou disparus. C’est un peu comme si on tentait de déterminer qu’il est plus handicapant d’être amputer d’un bras que d’une jambe. Dans les deux cas, il s’agit d’une amputation; où est le besoin de discriminer le niveau de souffrance et de perte de jouissance de la vie?

Mme Wathelet était une résidente d’Outremont. Mr. Mulcair était déjà élu lors de son assassinat. Elle a même été prise en photo avec lui et feu Jack Layton. En plus d’être une citoyenne de son compté, c’était une électrice. Le bureau de Mr. Mulcair, ainsi que les autres membres du NPD qui ont été approchés pour aider la famille dans son combat avec Ottawa pour recevoir le même traitement que d’autres Canadiens ayant vécu des situations similaires, sont restés muets. Le Bloc Québécois a au moins fait l’effort d’écrire une lettre au MAECI au nom de la famille. Bien que cette lettre était fort inutile dans son contenu, la forme a au moins eu la beauté de laisser l’illusion que les élus sont au service du citoyen.

Seuls, les libéraux fédéraux ont fait des efforts concrets et productifs pour aider la famille. Trois différents députés ont contribué aux quelques victoire de la famille. La famille fut des plus surprise de ce constat, surtout devant la vague orange du NPD qui a balayé le Québec.

Une autre surprise fut le rôle de l’Ombudsman fédéral pour les victimes de crimes. Après plusieurs mois, le chat est sorti du sac : le bureau n’a aucun pouvoir. Seule, la capacité de faire des recommandations. Tout comme le bureau du Sénateur énoncé précédemment, la relation s’est soldée par une demande aux membres la famille de formuler des recommandations pour les futures victimes de crime. Rappelons que la famille n’est pas reconnue comme étant victime de crime car le crime ne s’est pas produit au Canada. Donc, le CAVAC et les autres organismes d’aide aux victimes ne peuvent offrir qu’un support moral minimal. Tel que démontré dans la présente, la classe politique ne s’insurge généralement pas de tel « fait divers » même si il est documenté que les droits de la famille sont bafoués. La règle de droit reste un fondement (théorique) des démocraties tel le Canada ou le Mexique. La bureaucratie d’inerte semble un fondement beaucoup mieux implanté.

Malgré tout les efforts et ressources déployés par la famille, le mobile derrière le meurtre sauvage de Mme Wathelet reste toujours inconnu. Il a été démontré que l’assassin n’est pas affligé de troubles mentaux et que son crime était prémédité. Bien qu’il ait aussi tué sa propre mère au Texas quelques semaine avant de tuer Mme Wathelet, les modes opératoires n’étaient pas les mêmes (11 coup de marteau et incendie du corps vs lacération profonde du coup suivis de 42 coups de couteau principalement au cou, quasi décapitation, et au dos).

Aucun des mobiles théorisés dans la foulée des événements du 17 septembre 2009 n’a pu être validé. Ceci n’a rien de surprenant en vue que le vrai nom de l’assassin figurait dans le rapport d’enquête préliminaire produit dans les 48 heures suivant l’assassinat. Ce nom qui permettait de le lier au meurtre de Laura Palacios au Texas à l’aide d’une simple recherche Google. Les autorités et les médias mexicains ont préféré publier le nom d’emprunt de l’assassin, jusqu’à ce que le cas du Texas apparaisse en novembre 2009.

Des gens proches de l’affaire, ainsi que d’autres affaires similaires impliquant des Canadiens aux Mexique, ont déclaré que le but des autorités mexicaines est d’étouffer l’affaire dans le but de protéger le tourisme, principale industrie de la région. Après ce bilan de 3 ans, il est difficile de ne pas donner de crédibilité à cette théorie. Rappelons aussi que l’avocat de la famille de Mme Wathelet au Mexique est mort trois semaines avant la tenue du procès qui a été précipité, empêchant à la famille de se défendre de manière convenable.

La question du mobile est primordiale en vue des éléments présents au dossier. Tout d’abord, des éléments nouveaux sont venus confirmer que Renée Wathelet et son assassin n’entretenaient pas une relation intime. L’assassin était dans son entourage tout au plus à travers des ami(e)s commun. Il y a aussi un individu qui entretenait une relation extra conjugale avec Mme Wathelet, relation à laquelle elle a mis fin quelques jours avant sont assassinat. Cet individu était aussi bénéficiaire d’un compte de banque qu’elle a ouvert 23 jours avant cette date fatidique. Il figure aussi sur des photographies en présence de l’assassin de Mme Wathelet, documents qu’il a demandés à la famille de la défunte de détruire. Finalement, un appel a été logé à cet individu depuis l’appartement de Mme Wathelet, moins d’une heure après sa mort. L’appel à durée 9 minutes 45. Les autorités ont confirmé à la famille qu’aucun membre du personnel judiciaire n’a fait d’appel avec l’appareil de Mme Wathelet. Selon les minutes de l’enquête, l’assassin arrêté était de retour sur les lieux au moment de cet appel. Lorsque l’individu a fait une déposition à la police, il a simplement répondu qu’il n’a pas de téléphone. Lors de son premier séjour, la famille de la défunte appelait cet individu avec ce numéro.

Trois ans plus tard, d’importantes questions restent sans réponse, et tant que les individus impliqués seront en vie, les réponses existeront.

De la famille : merci de lire ce site, merci à tout ceux qui nous ont supporté de près ou de loin au cours de ce cauchemar. Il y a trois ans, nous apprenions de la pire manière la pire nouvelle de notre vie. Cette année nous aimerions en profiter pour rendre hommage à tous ceux qui durant cette épreuve difficile nous on tendue la main. La solidarité qui c’est écoulé de vos gestes aura été d’une aide précieuse et ce sur tout les fronts. Nous tenons à vous remercier du fond du cœur pour nous avoir aidés à garder foi en la bonté de l’être humain…

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